20 ans après ! La sociologue que je suis est, bien entendu, interpellée par cette partie du titre qui peut être même gênant : 20 ans après quoi ? Après les textes de 1987 ? Il est tout à fait légitime de vouloir entreprendre le travail depuis cette date qui constitue un tournant important pour l’exploitation des terres agricoles appartenant au domaine privé de l’Etat. Il eut été néanmoins tout aussi important à mon sens de remonter juste après l’indépendance. L’histoire extraordinaire des terres agricoles algériennes appartenant à l’Etat a commencé en effet depuis l’autogestion. Pour raconter intégralement une pareille histoire, il faudrait encore sans doute bien des années de travail.
Ce livre a le mérite de soulever bon nombre de questions. D’abord, celle du facteur humain dans la Mitidja. L’exemple des locataires est très frappant ! Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Quel statut ont-ils ? Autantde questions auxquelles il est certainement très difficile de répondre sans y avoir longuement travaillé. L’existence de ces locataires met en opposition la légitimité de travailler les terres et le droit à la terre dans la Mitidja.
Claudine Chaulet
La Mitidja telle qu’elle est. Dépasser un imaginaire qui l’enferme dans une vision de richesse d’hier, de crise agricole aujourd’hui, et de plaine bétonnée demain. Décrypter des réalités agricoles ô combien plus riches et plus complexes. Telle était l’ambition d’un collectif de chercheurs qui ont sillonné un territoire mythique à la fois si proche et si loin d’Alger. Ce livre réunit des témoignages d’hommes et de femmes de la Mitidja, des visions d’experts, un reportage de journaliste et des analyses de chercheurs.